vendredi 11 avril 2008

20 ans déjà :


20 ans déjà que je m'acharne sur ce pauvre hêtre. Le malheureux en effet a, pendant toutes ces années essuyé les plâtres de mes maladresses. Il a certainement participé bien davantage à ma formation que moi à la sienne. Je lui dois beaucoup et j'y suis très attaché même si après 20 ans je dois me rendre à l'évidence que je n'en ferai probablement jamais une bête à concours.

Je vais essayé de vous retracer son histoire à partir des notes et des quelques photos que j'ai conservées.

Février 1988 : cela fait seulement 2 ans que je m'initie à l'art du bonsai. Mes quelques connaissances me viennent des rares livres disponibles à cette époque. Lors d'une balade en forêt dans les monts du lyonnais, je prélève un jeune hêtre parmi les nombreux sujets qui poussent anarchiquement dans les sous bois. Je ne choisi pas vraiment. C'est donc le hasard qui nous aura fait nous rencontrer et vivre ensemble toutes ces années.

A l'époque j'établi mon choix selon sa taille et son allure générale. J'avais envie d'un grand arbre au port majestueux. J'essayais de l'imaginer lorsque son tronc aurait décuplé de diamètre et sa ramure se serait étoffée. Aujourd'hui, il est toujours aussi maigre! J'ai découvert avec les années que lorsqu'un arbre est en pot, le diamètre de son tronc n'évolue quasiment plus. Ce n'est que bien des années plus tard que j'ai commencé à replanter mes arbres en pleine terre pour les faire grossir.

Lors de son prélèvement, à aucun moment je n'ai fait attention à ses racines en échasse qui m'ont tellement compliqué la tâche par la suite. Depuis, j'ai compris que ce qui fait la majesté d'un bonsai, c'est le "nébari", le caractère des racines et la manière dont elles pénettrent la terre.

Pendant les premières années je me suis appliqué à former des plateaux et à densifier la ramure. Pas facile avec les hêtres! le bourgeonnement arrière tient du caprice et je n'avais pas encore pris le coup du pincement des jeunes pousses.

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