jeudi 18 septembre 2008

Ficus Benjamina : mon premier Bonsai


Les passions naissent souvent d’une frustration. Enfant, alors que je suivais ma mère dans une librairie de Thonon-les-Bains en Haute Savoie, je tombais en arrêt devant un petit guide (collection Paillot) d’un éditeur suisse qui présentait de façon succincte l’art du bonsaï. Dans les années 70, les bonsaïs étaient très peu connus en France et leur culture quasiment pas pratiquée. En revanche, en suisse, le phénomène avait commencé à se répandre, ce qui explique que l’on trouvait déjà quelques éditions sur le sujet. Ce fût pour moi une révélation. Ma mère m’offrit le livre. A force de contempler les spécimens en photo, je déclarais que je voulais cultiver des bonsaïs, ignorant le prix que pouvaient valoir ces chefs d’œuvre ni même l’endroit où l’on pouvait s’en procurer. Ma mère qui me voyait, bouturer mais surtout massacrer toutes sortes de plantes dans ma chambre d’enfant décréta que je n’aurai jamais la patience de m’occuper d’arbre qui réclamaient autant de soin et de patience. Je restais donc avec cette idée qu’il fallait une patience à toute épreuve pour soigner de tels arbres. Habitant la région parisienne, j’eu l’occasion une fois de visiter le jardin de Remy Samson qui faisait déjà autorité en France à cette époque.
Mais c’est 12 ou 15 ans plus tard, alors que j’étais étudiant à Montpellier que j’allais recroiser l’idée de cultiver mes propres bonsaïs. Un soir que je rendais visite à un ami dans sa chambre d’étudiant au raz de chaussé d’un pavillon, je remarquais un petit arbre en bosquet avec de petite feuille vert tendre dans un pot à bonsaï. Mon ami m’appris qu’il s’agissait d’un ficus qu’il taillait afin d’en faire un bonsaï. Je lui posais plein de questions et en vint vite à l’évidence qu’il n’avait pas beaucoup d’expérience mais simplement de la curiosité. Mais la conclusion pour moi était évidente : si lui, avec les contraintes de la vie étudiante pouvait le faire, je devais bien pouvoir y arriver aussi. Plus personne n’étant là pour m’interdire de laisser libre cours à mes envies, je me ruais chez le premier fleuriste venu pour acheter un jeune ficus dont j’estimais l’âge à environ 3 ans. A Montpellier, existait un pépiniériste qui exposait des bonsaïs (les pépinières Portales). Mes moyens d’étudiant ne me permettaient pas d’acquérir même des petits sujets. Je me contentais donc d’y acheter un magazine sur le sujet et un pot. Je rempotais immédiatement mon ficus que j’installais sur ma table de travail afin de pouvoir le contempler pendant mes longues soirées studieuses. Je pratiquai une première taille de structure dés son premier rempotage.

Je n’ai pas de photo de ses deux premières années, mais le voici après deux ans de tailles aléatoires.